RENCONTRES

Fred Faurtin, l’interview : ses souvenirs Cazzo

Posted: 28 septembre 2014 à 15 h 14 min   /   by   /   comments (0)

Il a fait jouir des milliers de garçons avec son regard dominateur et brûlant, ses sourires joueurs et ses coups de reins magnifiques. Fred Faurtin restera l'un des modèles les plus mythiques du label gay allemand Cazzo. Ayant quitté le porno depuis plusieurs années, il nous a fait l'honneur de revenir sur ses années x, ses meilleures expériences et souvenirs.

Comment as-tu commencé à tourner pour Cazzo ?

Je suivais ce label depuis plusieurs années et je nourrissais secrètement l'envie de tourner pour eux, sans jamais franchir le pas. Un jour, sans me le dire, mon mec nous a inscrit au casting et quasiment aussitôt nous avons reçu une réponse positive.

Comment percevais-tu ce label avant de l'intégrer ?

Comme le meilleur label d'Europe, avec des films ambitieux, des mecs excitants et une pâte reconnaissable au premier coup d'oeil... Cela correspondait tout a fait à mes envies du moment.

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Berlin Privat #3

Te souviens-tu de ton premier tournage Cazzo ?

Bien sûr. J'ai tourné la scène très peu de temps après ma rencontre avec Jörg Andreas, le réalisateur emblématique du label. Au départ avec mon mec nous nous rendions à Berlin pour un casting. J'étais loin d'imaginer que dès notre première rendez-vous il allait nous annoncer que c'était ok !

Nous avons tourné notre première scène dès le lendemain... C'était pour le film Berlin Privat #3 , basé sur les rapports de différents couples ensemble à l'écran comme à la ville. Avoir commencé ainsi avec mon mec fut un grand soulagement, car je pense que ce fut beaucoup plus facile. Nous n'avions pas vraiment à jouer, mais juste à être nous-mêmes.

Qu'as-tu ressenti quand tu t'es vu à l'écran dans une scène x pour la première fois ?

Je dois avouer que cela ne m'a pas du tout plu. Je suis d'un tempérament plutôt réservé voire même timide au départ, mais ce métier m'a appris à surmonter cette timidité ! Je n'ai plus jamais regardé une de mes scènes, sauf quand je faisais une promo et que le film était diffusé sur grand écran, là je n'avais pas vraiment le choix. Je trouve que d'être passé de l'autre côté du miroir a complètement changé ma vision du porno, et aujourd'hui je ne trouve plus ça du tout excitant, car je sais le travail qu'il y a derrière tout ce que l'on voit à l'écran.

Pour toi, quelle est la meilleure qualité d'un partenaire dans une scène porno ? Et le pire des défauts ?

La meilleure des qualités c'est sans aucun doute l'abandon de soi, ne pas penser au résultat, mais juste à l'instant présent, prendre du plaisir.

Le pire des défauts est à contrario de ne penser qu'à soi et au résultat que l'on veut donner de sa propre personne, du coup on en oublie l'essentiel : son (ou ses) partenaire(s) ! Pour qu'une scène soit réussie, il faut qu'il y ait une symbiose entre les différents protagonistes.

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Avec Lupus

As-tu une anecdote de tournage à nous raconter ?

Des anecdotes, il y en a pour chaque tournage ! La première qui me vient en tête concerne le film Deep et la scène de « Battle » avec Lupus. C'est une scène à laquelle j'avais pensé, j'avais demandé à Jörg de la réaliser. Je voulais qu'elle soit intense, avec une mise en scène particulière. J'avais en tête un décor industriel très minimaliste, une caméra tournant autour de nous pour une montée en puissance de l'effet de domination. La réalisation de ce duel fantasmé fut très compliquée, car nous avions tourné au mois d'avril, et sans chauffage ! Garder l'érection, alors que pour ce plan nous n'avions aucun contact l'un avec l'autre (il faut voir la scène pour comprendre) fut difficile. Nous étions transits de froid. Dans ces cas-là, il faut avoir un sacré mental ! Mais le résultat est juste incroyable.

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Fanatics

De tous les tournages que tu as pu faire, lequel t'as le plus marqué ?

Sans aucun doute celui du film Fanatics, car c'était un projet très ambitieux, avec de nombreux acteurs (dont plusieurs newcomers qui sont encore dans l'industrie du X), des décors et une histoire.

Aussi parce que c'est mon mec qui réalisait et il ne faut pas croire que ce fut facile : il est très perfectionniste et fut excessivement exigeant, surtout avec moi ! Car me connaissant il voulait avoir le meilleur de moi... Il faut dire qu'il avait raison car ce film figure parmi les meilleures ventes de touts les temps du studio !

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Fred Faurtin et Darren Robbins

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Plan à 3 avec Carioca

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Fred Faurtin et Tamas Esterhazy

Quelles ont été tes meilleures rencontres chez Cazzo ? Humainement ? Sexuellement ?

En principe ça va de pair, et je conjugue les deux. Si je devais faire un top trois : Darren Robbins (Kolbenfresser), Carioca (Tim's Tool) et Tamas Esterhazy (Matchmaker). J'ai gardé un contact avec chacun d'entre eux, et même si on ne se voit pas souvent on a toujours un petit échange de mail à l'occasion.

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Clark Houston soumis dans "Men Factory"

Selon toi quelle est la scène la plus chaude à regarder et dans laquelle tu apparais ?

C'est pas évident là encore d'en choisir une seule, ma scène avec Clark Houston dans Men Factory  fut vraiment très hot à tourner, ainsi que celle avec Darren Robbins pour  Kolbenfresser.

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Le film dont tu es le plus fier ?

Sans aucun doute Fuck Fiction. Pour plusieurs raisons : d'abord ce film a été tourné pour fêter les 10ans du studio « Cazzo » donc figurer au générique en tant qu'acteur principal fut un grand honneur, et puis j'ai tourné avec Thom Barron, qui était l'acteur fétiche du label pendant de nombreuses années. Les producteurs voyaient notre participation et notre scène comme une sorte de passage de flambeau... Enfin ce film fut le plus coûteux jamais réalisé par « Cazzo », avec un réalisateur venant d'un cursus plus « traditionnel » donc avec une vision plus cinématographique d'un tournage. Nous avons travaillé tous ensemble pendant 15 jours avec une équipe d'une vingtaine de personnes, sans compter les acteurs. Ce fut une expérience incroyable et le résultat est vraiment bluffant. C'est un road-movie inspiré, comme son titre l'indique, par « Pulp fiction » mais aussi par la cavale meurtrière de « Thelma et Louise ».

Quelle est la réaction la plus bizarre qu'un fan ait pu avoir à ton égard à l'époque où tu tournais ?

On me demandait couramment des sous-vêtements que j'aurais portés... Mais la chose qui m'a le plus choqué, c'est un fan qui a fait le pied de grue devant chez moi pendant plusieurs jours, juste pour me toucher !

Spontanément, si on te dit « Cazzo », à quoi penses-tu, de quoi te souviens-tu ?  

Même si aujourd'hui c'est un peu loin, et que Cazzo n'a plus le même rayonnement international, Berlin, c'est la première chose qui me vient à l'esprit. La ville n'était pas encore à la mode comme elle l'est maintenant et pleine de lieux de tournages extravagants, comme de vielles usines, des entrepôts, des bunkers de l'ancienne RDA. Pour moi c'est ça Cazzo, ces lieux de tournages mythiques, ces endroits qui ont fait la touche unique du label. Je pense aussi à l'Allemagne qui est, je peux le dire, mon pays d'adoption. Les Allemands ont fait de moi une véritable star du X (nul n'est prophète en son pays !) et lorsque je suis là bas je me sens comme à la maison. D'ailleurs la plupart de mes fans ont cru pendant bien longtemps que j'étais Allemand...

Pour finir peux-tu nous parler de façon plus large de ta carrière ?

J'ai eu la chance d'être l'égérie de Cazzo pendant près de 8ans, c'est une vraie chance. J'ai refusé l'un des deux seuls contrats d'exclusivité qu'ils n'aient jamais proposé à un acteur, mais j'aime ma liberté. Cela m'a permis, entre autre, de travailler aux Etats-Unis, de développer des projet plus personnels avec certains photographes et de choisir quels films tourner, avec qui, quand arrêter... Je pense que c'est un luxe.Trop de porn-stars se laissent enfermer dans leurs images et finissent de façon tragique.

Je ne me suis jamais laissé imposer quoique ce soit et j'ai toujours eu le choix de refuser ou de faire uniquement que ce qui me plaisait. Cela m'a certainement fermé quelques portes, mais je ne regrette rien ! Aujourd'hui je suis totalement épanoui, je me suis marié avec le mec de ma vie et après 21 ans de vie commune je prouve que tous les clichés sur l'acteur instable et égocentrique n'ont pas lieu d'être.

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Quelques photos de notre héros porno :